Généralités
sur la modélisation
Au cours de ces dernières années, la modélisation est devenue une des
composantes de la méthode scientifique, au même titre que ses deux
composantes traditionnelles à savoir la théorie et l’expérience. C’est évidemment
l’apparition des ordinateurs puissants qui est à l’origine de ce
développement rapide de la simulation numérique. Ce développement a permis de
trouver des solutions à de nombreux problèmes, autrefois long, voir
irrésolubles, avec les moyens de calcul classiques. En effet il existe
aujourd’hui des modèles numériques permettant d’étudier des problèmes aussi
complexes que l’action des trafics routiers et ferroviaires, des glissements
de terrains, des montées de niveau d’eau, etc. La modélisation est quasiment
devenue aujourd’hui un point de passage obligé pour qualifier les structures
en configuration extrêmes. Souvent même s’ils sont utilisés, les logiciels de
mécanique des sols ne sont pas exploités au maximum de leurs possibilités,
ceci à cause de la méconnaissance de leur méthode de fonctionnement et des
modèles qu’ils proposent, mais aussi de la difficulté d’interprétation des
résultats. Eléments de mécanique des milieux continusPar définition une matrice est un tableau rectangulaire de nombres
écrit entre crochets :
Les nombres aij sont appelés éléments de la matrice et le
premier indice (i) d’un élément indique le numéro de la ligne et le second
celui de la colonne dans lequel se trouve l’élément. Une matrice est dite carrée si le nombre de lignes est égal au nombre
de colonnes. On note une matrice
carrée d’ordre n par (ann) et les éléments a11 ;a
22 et ann sont
appelés éléments diagonaux. La trace d’une matrice A = (aij),
carrée d’ordre n, est définie comme étant la somme des éléments
diagonaux et on note tr(A) :
Si A et B sont deux matrices carrées d’ordre n
et l un réel alors : tr (A + B) = tr A + tr B tr (AB) = tr (BA) tr (lA) = l tr A Deux matrices A= (aij)
et B= (b ij) sont dites égales si et seulement si
elles sont de même ordre et si chaque éléments de l’une est égal à l’élément
correspondant de l’autre c’est à dire aij = bij.
La somme de deux matrices A= (aij) et B= (b ij) est une
matrice C= (cij) dont les éléments sont définis par cij
= aij + b ij on remarquera qu’on ne peut
additionner deux matrices que si elles sont de même ordre. Si A est une
matrice d’ordre (n, p) et B une matrice d’ordre (p, q), on définit la matrice
C = AB d’ordre (n, q) par :
La condition d’existence du produit AB est que le nombre de colonne de
A doit être égal au nombre de ligne de B. La transposée d’une matrice A
d’ordre (n, m) est une matrice B notée tA d’ordre (m, n) et de
terme général obtenu en échangeant les lignes et les colonnes de A :
Propriétés : t(tA)= A ; t(lA) = l tA ; t(A + C) = tA + tC ; tAC
= tC tA. Notions de contraintes et de déformations.Soit un corps (G) en équilibre. Sous l’action des
forces extérieures P1, P2 , Pn, des forces
extérieures prennent naissance et s’exercent entre les différentes parties du
corps.
(G) Forces
extérieures s’exerçant sur le corps (G) Pour étudier la grandeur de ces forces en un point quelconque (O),
supposons le corps (G) divisé en deux parties (A) et (B) par une section transversale
quelconque (mm) passant par ce point O. En considérant l’une des parties
ainsi formées (partie A), on peut admettre qu’elle est en équilibre sous
l’action des forces extérieures P4, P5, Pn
et des forces intérieures réparties sur toute la surface de la section
transversale (mm) et qui représente les actions moléculaires exercées par la
matière constituant la partie (B) sur celle constituant la partie (A).
Considérons par hypothèse que ces forces sont réparties d’une manière
continue sur la surface (mm) (répartition homogène). Pour obtenir la grandeur
de la quantité de force agissant sur l’élément de surface dA, on admet les actions moléculaires exercées par la partie (B) sur la
partie (A) à travers l’air élémentaire dA peuvent être remplacées par leur résultante dP. On appelle contrainte la quantité de force agissant sur l’unité de
surface :
Répartition homogène des forces Lorsque les forces ne sont pas uniformément réparties sur la section
transversale, on définit la contrainte en ce point O comme étant la limite du
rapport
quand dA tend vers le point O. Une contrainte a les propriétés d’un vecteur. Sa direction fait en
général un angle avec la surface élémentaire sur laquelle elle agit. On peut
donc la décomposer en deux composantes : -
la contrainte normale s perpendiculaire à la surface d’application, -
la contrainte tangentielle ou de cisaillement t dans le plan de cette surface.
Les contraintes n’ont de sens que par rapport à une facette que l’on
oriente par sa normale. Ainsi si on prend comme élément de volume un cube,
les contraintes normales sont les contraintes sx, sy et sz et les indices x, y et z
indiquent la direction de la composante elle-même. Les contraintes de
cisaillement sont : txy, tyz, tzx txz, tyx, tzy Le premier indice indique la direction de la normale au plan de la
contrainte et le second celle de la composante elle-même. L’étude de la répartition des contraintes autour d’un point permet de
tirer les conclusions suivantes : q les extrémités des vecteurs
représentant les contraintes décrivent, lorsque l’orientation de la facette
sur laquelle s’applique la contrainte varie, un ellipsoïde ayant sont centre
au point considéré (ellipsoïde de Lamé) ; q il existe trois plans orthogonaux
privilégiés appelés plans principaux sur lesquels les contraintes sont
normales au plan autrement dit l’obliquité ainsi que la composante en
cisaillement est nulle. On note en générale ces contraintes en s1, s2 et s3 (avec s3 £ s2 £ s1). s1 est la contrainte principale
majeur, s2 la contrainte principale moyenne
ou intermédiaire et s3 la contrainte principale mineure. La notion de tenseur est abstraite. Le tenseur des contraintes est
représenté par la matrice carrée :
Il faut donc neuf (9) composantes pour définir le tenseur par contre
si le tenseur est symétrique ce qui est le cas, seul six composantes
suffisent pour le définir complètement et dans ce cas on a : txy
= tyx ; txz = tzx
et tyz = tzy. Lorsqu’on adopte comme axe de
coordonnées les trois directions principales de l’ellipsoïde, le tenseur des
contraintes sera défini par la matrice carrée :
Il est toujours possible de décomposer ce tenseur de contraintes
principales (diagonales) en un tenseur sphérique et au maximum trois tenseurs
déviatoriques :
P est la contrainte moyenne elle est égale à :
S1 = S2 = S3 = Le premier tenseur est un tenseur sphérique qui représente une
pression hydrostatique d’intensité P égale à la moyenne arithmétique des
trois contraintes principales. Les trois autres tenseurs sont des tenseurs
déviatoriques ou déviateur. Remarquons que la trace de chacun de ces
déviateurs est nulle et que la somme des trois déviateurs donne le déviateur
principal. Le tenseur des contraintes présente trois invariants dont les
expressions sont dans l’espace des contraintes quelconque : 1. I1 = sx + sy + sz 2. I2 = sxsy + sysz +szsx -t²xy - t²yz - t²zx 3. I3 = sxsysz + 2txytyztzx -sxt²yz -syt²zx - szt²xy Si on considère comme axe de coordonnée les trois axes principaux
autrement si on travaille dans l’espace des contraintes principales, les
expressions des invariants du tenseur s’écrivent sous la forme : 1. I1 = s1 + s2 + s3 2. I2 = s1s2 + s2s3 + s3s1 3. I3 = s1s2s3 Notons en fin que le tenseur des contraintes est symétrique c’est à dire que sij = sji et qu’il représente une approximation assez grossière de ce qui se passe en chaque point du matériau. Notion de déformation Définition de la déformation d’un milieu continu Les déformations sont engendrées par des sollicitations extérieures
mécaniques, par des évolutions chimiques et des réorganisations
structurelles, etc. Elles posent un problème de compatibilité à savoir elles
sont compatibles avec la continuité du milieu. Les déformations imposées, non
compatibles, induisent des efforts intérieurs qui, s’ils sont excessifs,
peuvent entraîner des désordres, voir même des ruptures. Après la
description des contraintes, nous
allons introduire ici le tenseur des déformations, notée, plus ou moins complexe en chaque point du matériau. On considère,
afin d’étudier le comportement du milieu à l’occasion de la variation du
système de charge qu’il supporte et de décrire la déformation, un petit
élément de volume entourant un point M. On sait qu’une déformation
infinitésimale de ce petit volume est le produit d’une translation, d’une
rotation et d’une déformation pure (distorsion).
Déformation infinitésimale du
milieu Dans la déformation qui transforme le volume V en un volume V1,
ces points viennent en M1 et M1’. On peut donc
décomposer le déplacement de M’en une déformation pure qui amène M’en M0’
suivie d’un déplacement
Coordonnées
u, v et w des déplacements élémentaires d’un corps Notion de tenseur des
déformations
Le tenseur des déformations peut être traité de la même manière que le
tenseur des contraintes. Les règles régissant les contraintes peuvent être
transposés aux déformations. Ce
tenseur est une matrice carrée 3*3, symétrique noté eij qui dans un système d’axes quelconque est représenté par :
Il existe cependant trois directions principales le long desquelles la
distorsion est nulle, la déformation est donc entièrement définie par les
variations unitaires de longueur dans chacune de ces trois directions.
Comme le tenseur des contraintes, il présente aussi trois invariants J1,
J2 et J3 dont les expressions en système
d’axes principal sont : ü J1 = e1 + e2 + e3 ü J2 = e1e2 + e2e3 + e3e1 ü J3 = e1 e2 e3 L’étude des déformations et des contraintes est un aspect essentiel
dans la modélisation des milieux continus, principalement pour ses
applications à la mécanique des structures déformables notamment dans la
formulation des lois de comportement Lois de comportement mécanique des matériauxLa loi de HookeLa loi de Hooke va relier les deux tenseurs précédemment définis. Pour
étudier ces relations, considérons un parallélépipède rectangle soumis à
l’action d’une force normale sx uniformément répartie sur deux
faces opposées.
Action
de la force normale sur les faces opposées du parallélépipède L’expérience prouve que dans le cas où le corps est isotrope ces
contraintes normales ne déterminent aucune distorsion des angles du solide élémentaire.
Notons d’une part que l’allongement ex dans le sens des x est lié à la
contrainte sx par la relation :
Dans cette relation E est le module d’élasticité longitudinale ou
module d’Young (c’est une constante) qui, pour un matériau homogène isotrope,
lie la contrainte à la déformation. Il s’exprime en MPa dans le système
international. En effet, il caractérise la raideur de la matière ; à
contrainte égale, un matériau ayant un module d’élasticité élevé subira une
déformation plus faible qu’un matériau ayant un module d’élasticité petit.
Pour déterminer le module E d’un matériau isotrope, on réalise un essai en
traction et on enregistre la courbe contrainte = f (déformation). La
pente de la courbe dans sa partie linéaire correspond au module élasticité du
matériau. D’autre part l’allongement de l’élément dans le sens des x
s’accompagne d’une contraction latérale : ey = ez = -n ex =
où n est le coefficient de Poisson. Si on considère par ailleurs que le matériau est soumis à l’action de
contraintes normales sx, sy et sz uniformément réparties sur les facettes principales, l’expérience
prouve qu’on peut appliquer la méthode de superposition. Ceci se traduit par les équations donnant l’expression générale de la
loi de Hooke pour un corps isotrope. Ces équations reliant la contrainte à la
déformation sont :
ey = 1/E [sy - n (sz + sx)] ez = 1/E [sz - n (sx + sy)] Ces différentes expressions montrent que la déformation d’un milieu élastique homogène et isotrope ne peut être déterminée, sur la base des contraintes, que si deux modules de déformations sont connus à savoir le module d’Young et le coefficient de poisson.
Comportement élastique, élastoplastique et plastiqueLes lois de comportement calées parfaitement sur des essais conduisent
à des calculs très lourds et complexes. On utilise ainsi le plus souvent des
lois simplifiées reliant contraintes et déformations et qui se prêtent mieux
à l’établissement de codes de calcul fournissant ainsi une bonne image du
comportement réel du sol. Les modèles les plus couramment utilisés sont : Le modèle élastique : c’est le modèle de comportement de matériau le plus simple. Il se
caractérise par une relation linéaire (réversible et indépendante de
l’histoire des sollicitations) entre la contrainte totale et la déformation
(lois de Hooke). Le matériau retrouvera sa forme initiale après relâchement
des contraintes externes, à condition toutefois que celles-ci soient
inférieures à la limite élastique.
Modèle plastique parfait Modèle élastoplastique : en complément de la déformation élastique définie par la loi de Hooke,
les modèles élastoplastiques intègrent un degré de déformation plastique
permanent. Le matériau présente donc une élasticité linéaire jusqu’à un
certain seuil (limite élastique) puis devient parfaitement plastique. La
déformation totale se décompose alors en deux parties une élastique et un
autre plastique.
On remarquera que les matériaux parfaitement plastiques et
élastoplastiques continuent de se déformer même sans accroissement de
contraintes.
En résumé cette figure donne une illustration de ce qui se passe au
delà du comportement élastique : entre les états A et B, le matériau est
élastique; il deviendra ensuite plastique si l’on augmente la déformation
jusqu’à C. Relâcher la contrainte en C fera revenir le matériau dans une
nouvelle position d’équilibre D, selon une pente égale à celle de son
comportement élastique. Critères de plasticité usuelsLa grande diversité des matériaux
réels se traduit par l’existence d’une multitude de lois de comportement et
en particulier d’une grande variété de critères et de lois d’évolution aussi
bien en élastoplasticité qu’en élasto-viscoplasticité. Il est illusoire de
vouloir établir une liste exhaustive des modèles, d’autant plus que les
chercheurs continuent encore à proposer de nouvelles versions. Ce paragraphe sera consacré à une tâche plus modeste qui consiste à
présenter le cadre général d’écriture des critères de rupture de Tresca, de
Von Mises, de Mohr-Coulomb et de Drucker-Prager. Critère de rupture de TrescaIl
est d’usage, pour définir mathématiquement le domaine d’élasticité
d’introduire une fonction scalaire du tenseur des contraintes, telle que,
dans l’espace des contraintes :
F = 0 à sa frontière F > 0 à l’extérieur du domaine La fonction F est appelée fonction
de charge du matériau dans l’état initial. On désigne aussi couramment par
critère de limite d’élasticité, ou critère de plasticité la condition F = 0. Pour
le critère de Tresca, la fonction de charge correspondante s’écrit sous la
forme : F = supísi - sj - s0; i, j = 1, 2, 3ý (si, i = 1, 2,3 : contraintes principales) s0 apparaît comme la limite d’élasticité en
traction simple; elle est égale à l’opposé de la limite en compression
simple. Ce critère est aussi appelé « critère en scission
maximale », terminologie dont l’origine est évidente si l’on se reporte
par exemple à la représentation des contraintes dans le diagramme de
Mohr ; sur toute facette l’intensité de la contrainte de cisaillement
est bornée par :
où s0 / 2 est la résistance en scission
simple.
Courbe
intrinsèque pour le critère de Tresca La courbe intrinsèque est par
définition la courbe enveloppe de l’ensemble des cercles de Mohr. Dans
l’espace des contraintes principales, le domaine d’élasticité du matériau est
représenté par un prisme hexagonal régulier.
Critère de rupture de Von MisesComme le critère de Tresca, il
s’agit d’un critère valable pour les matériaux isotropes. Il est également
indépendant de la composante sphérique du tenseur des contraintes. La
fonction de charge ne dépend donc que du déviateur du tenseur des
contraintes. De façon générale pour un matériau isotrope, la fonction de
charge qui est fonction des invariants des contraintes s’exprime de manière
équivalente par :
Si F est indépendante de la partie
sphérique du tenseur des contraintes et ne dépend que de sa partie
déviatorique, elle s’exprime en fonction des seules invariantes J2
et J3. Le critère de Von Mises correspond
pour un critère de ce type à la forme la plus simple. La fonction de charge
s’écrit :
où
k est la limite d’élasticité en scission simple et est constant pour
un matériau isotrope. Dans l’espace des contraintes
principales (s1, s2, s3), le domaine d’élasticité du matériau est un
cylindre droit de rayon
Domaine d’élasticité dans l’espace des contraintes principales Il est utile, pour les applications
pratiques, de donner l’expression de la fonction de charge de Von Mises, en
fonction des contraintes principales :
Cette formule permet d’éviter d’effectuer des calculs fastidieux. Le critère de rupture de Mohr-CoulombIl est apparenté au critère de
Tresca, il possède deux propriétés importantes : 1. Il ne porte que sur les
contraintes principales extrêmes, 2. Seule la différence entre ces
contraintes principales intervient dans l’expression de la fonction de
charge. Ainsi, en ordonnant les
contraintes principales s1, s2, s3 sous la forme s1 ³ s2 ³ s3 autrement dit en traction positive, la
fonction de charge du critère de Tresca s’écrit sous la forme : F = s1 - s3 - s0 Le critère de Coulomb conserve la
première propriété du critère de Tresca et les deux contraintes principales
extrêmes y interviennent explicitement. La fonction de charge de ce critère
s’écrit alors sous la forme : F = s1 - s3 + (s1 + s3) x sinf - 2ccosf Elle fait donc intervenir deux constantes caractéristiques du matériau : c (la cohésion) et f (l’angle de frottement interne). Le matériau est dit pulvérulent ou purement frottant si f ¹ 0 et c=0 et il est purement cohérent si f =0 et c ¹ 0 et dans ce cas, le critère se réduit à celui de Tresca avec s0= 2c. Le domaine d’élasticité pour ce critère est représenté dans l’espace des contraintes principales par la figure ci-dessous.
Représentation du critère de Mohr-Coulomb dans le plan de Mohr. Critère de rupture de Drucker-PragerAu lieu du critère de Coulomb, Drucker et Prager (1952) ont proposé d’utiliser un critère mathématiquement plus régulier qui lui est apparenté et qui s’exprime en fonction simple des invariants I1 et J2 du tenseur des contraintes. La fonction de charge pour ce critère est de la forme :
où H est la limite théorique d’élasticité en traction triple (H ³ 0) et a est une constante positive qui dépend du matériau :
Le domaine d’élasticité correspondant est représenté par un cône de
révolution au lieu de la pyramide hexagonale du critère de Coulomb
Le modèle de rupture de Cam Clay (modèle du Cambridge)Le modèle de Cam-clay a été développé par une équipe de chercheurs de l’université de Cambridge. Après avoir posé en 1958 les concepts fondamentaux d’état limite et d’état critique, ces chercheurs ont longuement travaillé à développer un modèle de comportement sur des argiles remaniées isotropes et afin de rendre le modèle quantitativement utilisable, ils ont introduit deux hypothèses importantes qui ont permis de définir la surface d’état limite ainsi que les déformations développées le long d’un cheminement d’état quelconque : ü La première hypothèse voulant que le sol soit un matériau plastique développant un écrouissage isotrope, ü La deuxième concernant l’équation de l’énergie dissipée. Historiquement le nom ‘‘Cam clay’’ a été attribué par Roscoe, Schofied et Thurairajah (1963) à un modèle de comportement, qui sur la base de notion théoriques telles que la surface d’état limite (SEL) et de ‘‘l’indice des vides critiques’’, généralise le comportement de l’argile saturé et humide observé dans les différents essais de laboratoire. Ces auteurs ont analysé l’évolution de la déformation en terme de transfert d’énergie. Ils supposent d’abord que la loi d’écoulement est applicable à l’argile humide, que l’argile humide se comporte comme un milieu isotrope, élastique et non linéaire à l’intérieur de la surface d’état limite (SEL) et qu’il y a des déformations volumétriques réversibles et irréversibles tandis que les déformations de cisaillement sont irréversibles. Ils émettent ensuite une autre hypothèse à savoir la dissipation de l’énergie se fait par frottement interne avec un certain coefficient de frottement
qui est constant ; p et q sont donnés respectivement par les relations :
la contrainte moyenne p peut être donner en terme de contraintes effectives et on notera p’.
A la différence des autres modèles, ils introduisent donc un autre espace de représentation qui est l’espace (p’, q, e), e représentant l’indice des vides. La fonction de charge pour ce critère est donnée dans le plan (p’, q) par la relation :
Burland (1965) a apporté au modèle de ‘‘Cam-clay’’ une modification importante tout en conservant les hypothèses fondamentales de la méthode. On parle ainsi du modèle de ’’Cam-clay modifié’’ dont la fonction de charge s’écrit sur la forme :
La représentation graphique de ces fonctions dans le plan (p’, q) donne la figure sur laquelle on peut remarquer une ligne d’état critique (LEC) correspondant à la droite d’équation q = Mp’. Le diagramme œdométrique de ces fonctions a donné une ligne de consolidation normale (Cc), une ligne de surconsolidations (Cs) les lignes d’état critique correspondant aux lois de plastification. Cam-clay
Cam-clay modifiée
Les lois de
plastification du modèle de Cam-clay dans l’espace p-q’
Diagramme
oedométrique des modèles de Cam-clay La réponse mécanique d’un massif de sol dépend essentiellement des lois de comportement qui lui ont été affectées. Il est donc très important de choisir le modèle rhéologique qui pourra reproduire avec une fidélité optimale la réponse du massif face aux sollicitations qui lui sont imposées et en fonction des grandeurs recherchées. Les modèles de Cambridge sont fondés sur une théorie simple et n’utilisent que quelques paramètres courant de mécanique des sols faciles à déterminer. Le comportement d’un massif de sol, d’après ces modèles, peut être assimilé avec assez de succès à celui d’un matériau élastoplastique dont les relations fondamentales contraintes déformations ainsi que l’équation de la surface d’état limite sont bien définies. Modélisation par la méthode des éléments finisHistorique et définition de la méthodeDans son sens le plus général, le
terme « modélisation » désigne la conception et l’établissement
d’un modèle théorique. Elle consiste à formaliser mathématiquement un
processus afin d’être en mesure d’utiliser les avantages de la programmation
sur ordinateur. La modélisation s’attache donc à établir un modèle qui est
une représentation mathématique simplifiée destinée à mieux appréhender un
phénomène complexe, son évolution et les relations et interactions qui le
régissent. La simulation numérique touche
actuellement un large éventail de disciplines scientifiques et diverses
méthodes ont été développées parmi lesquelles nous pouvons citer :
C’est une méthode générale qui s’applique aux problèmes de mécanique des milieux continus comprenant : q Les problèmes de mécanique des
solides (élasticité, plasticité, mise en forme…) q Les problèmes de mécanique des
fluides, d’hydraulique. q Les problèmes d’électromagnétisme. L’origine de cette méthode est à
rechercher dans les études des structures en « treillis »
communément faites par les techniciens du génie civil. Ces structures en
treillis sont composées de parties indépendantes reliées entre elles à des
nœuds. L’analyse de telles structures s’effectue en considérant le
comportement de chaque partie indépendante, puis en assemblant ces
différentes parties de telle sorte que l’équilibre des forces et la compatibilité
des déplacements soit satisfaite en chaque nœud. D’une manière beaucoup plus
générale, nous pouvons dire que Lorsque la discrétisation est
terminée, le stade suivant consiste à calculer les caractéristiques des
éléments, c’est à dire les relations entre les forces et les déplacements
généralisés aux nœuds par l’intermédiaire de la matrice de rigidité qui établit
une relation entre le vecteur des forces et celui des déplacements au nœud
considéré. Cette relation est de la forme :
où La matrice de rigidité est une
matrice singulière cela signifie mathématiquement qu’elle est symétrique, que
les termes diagonaux sont positifs et que la somme des termes de chaque colonne
est nulle. Une simulation réaliste peut
exiger des centaines de milliers de nœuds et d’éléments. Les systèmes à
résoudre sont donc énormes et il va de soi qu’un tel traitement requiert des
calculs considérables dont seul l’outil informatique permet de venir à bout.
Ce type de programme comporte grossièrement les parties suivantes : ü Introduction des données : ·
Géométrie de la structure ·
Les matériaux qui la composent ·
Conditions de chargement ·
Conditions aux limites ü Bibliothèque des éléments : elle comprend un certain
nombre d’éléments et leur modèle mathématique (leur matrice de rigidité). Ce
sous programme permet de calculer la matrice de rigidité en fonction des
données (coordonnées nodales et caractéristiques des matériaux). ü La résolution du système : permet d’obtenir les
contraintes, les déformations et les déplacements nodaux. 5.2. - La démarche de la méthode des éléments finisLa démarche de la méthode peut
être exposée autrement. Pour ce faire, on considère un domaineW. La méthode consiste à rechercher
une solution approchée de la solution exacte sous forme de champ
Et
où Le champ dans chaque sous domaine Wi est déterminé par un nombre fini de valeur
du champ (ou de valeur de ses dérivées) en des points choisis arbitrairement
dans le sous domaine, et appelés nœuds. Le champ local est une interpolation
entre les valeurs aux nœuds. Chercher une solution par éléments finis
consiste donc à déterminer quel champ local on attribue à chaque sous domaine
pour que le champ global
Solution approchée discontinue
bolutions approchées continues Méthode
d’approximation d’une solution réelle La qualité de la solution
approchée dépend de la division en sous domaines (nombre et dimensions des
sous domaines), du choix de la famille de champs locaux dans chaque sous
domaines, et des conditions de continuité qu’on impose aux frontières des
sous domaines. Une fois ces choix faits, il reste à rechercher, une
combinaison de champs locaux qui satisfait approximativement les équations.
Pour résoudre un problème par la méthode des éléments finis, on procède par
étapes successives qui peuvent être schématisées par l’organigramme
suivant :
Organigramme
d’un programme d’éléments finis Aujourd’hui, le travail à
effectuer dans ces différentes étapes est assisté par les logiciels. Ainsi de
très nombreux programmes d’analyse de structure par éléments finis ont été
mis au point ces dernières années et à côté d’un nombre impressionnant de
petits programmes simples destinés à des applications spécifiques limitées,
il existe quelques systèmes complexes destinés à un emploi généralisé. Parmi
ces derniers citons : PLAXIX 7.2© MAC STAR 2.2©;
NASTRAN (NASA, USA), CASTEM (CEA), etc. Ils se présentent tous avec le même
organigramme. Il reste que pour maîtriser leur
utilisation, il est indispensable de comprendre les fondements de la méthode
afin de choisir intelligemment parmi les options qu’ils proposent. Le choix
des logiciels est guidé par un certain nombre de critères parmi lesquels on a :
Pour clore ce chapitre nous disons
qu’une des forces de la méthode des éléments finis est que le choix initial
des éléments peut être revu à volonté en particulier pour raffiner le calcul
sur une partie du système sur laquelle on choisira un maillage plus serré.
Cependant la validité des résultats que cette méthode fournit dépend de la
pertinence des choix réalisés à chaque étape de la modélisation et de la mise
en œuvre. Il est important aussi d’ajouter que la simulation numérique, sans
totalement se substituer aux essais expérimentaux, constitue un outil
complémentaire qui s’avère souvent beaucoup plus rapide et moins onéreux que
ces derniers. Par la méthode des éléments finis,
on peut obtenir des calculs précis des contraintes et des déformations dans
un massif de sol soumis à des charges uniformes ou complexes à condition d’en
connaître la loi de comportement et les conditions aux limites. Cette méthode
peut donc être appliquée à des matériaux ayant un comportement
élastoplastique, comportement dont les équations de la surface d’état limite
ainsi que les relations contraintes déformations sont clairement définies. |
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