LE
DIMENSIONNEMENT DES CHAUSSEES
ACTION
D’UN VEHICULE SUR UN SOL
Lorsqu’un véhicule se déplace sur un
sol, son poids est transmis au sol sous forme de pression par l’intermédiaire
des pneumatiques. D’une manière générale, les sols ne peuvent supporter sans
dommage de telles pressions. Si le sol n’est pas assez porteur, le pneu le
comprime et il se forme une ornière. Par contre si le sol est porteur ; il
se passe deux choses imperceptibles mais qu’il faut bien comprendre
Le sol s’affaisse sous le pneu :
c’est la déformation totale Wt
lorsque, la roue s’éloigne, le sol
remonte mais pas totalement : il reste une déformation résiduelle Wr.
La différence d =Wt-Wr s’appelle la
« déflexion ». L’orniérage est la déformation résiduelle Wr
qui s’accroît au fur et à mesure des passages des véhicules et
proportionnellement à leur charge. Ce processus est schématisé à la figure suivante.

Schéma du principe
illustrant la déflexion d’un sol sous l’effet d’une charge
PRINCIPE
DU DIMENSIONNEMENT
Le principe du dimensionnement est de limiter la charge
transmise par la roue au sol support afin de minimiser ses déformations et
éviter de l'amener à la rupture. Ce dimensionnement passe par la détermination sous l'effet du
trafic des contraintes et déformations à travers les corps de chaussée et
sur le sol support et la comparaison de
ses contraintes et déformations avec celles admissibles. Le tableau ci-dessous
indique les différents types de structures et leurs critères de
dimensionnement.

BB : Béton
bitumineux GB : Grave bitume GNT :
Grave non traitée
ES : Enduit superficiel CLH : Couche traitée aux liants hydrauliques
Principaux types de structures de chaussées et critères
de dimensionnement
LES
METHODES DE DIMENSIONNEMENT
La réalisation des différents types de
chaussées passe d’abord par un dimensionnement adéquat. Pour cela différentes
méthodes ont été proposées suivant deux approches.
·
L’approche empirique qui établit des
relations entre la durée de vie et les propriétés mécaniques des matériaux. La
méthode la plus utilisée au Sénégal est celle du CEBTP. A coté de cette méthode
on a aussi la méthode des indices de groupe, la méthode du CBR et celle du
Transport and Road Research Laboratory (TRRL) …
·
L’approche
théorique ou rationnelle qui établit un modèle représentant le mieux possible
le comportement mécanique du corps de chaussée basée sur la rhéologie du
matériau.
On distingue dans cette
approche : le modèle de Boussinesq, le modèle du Bicouche, le modèle de
Hogg, le modèle de Westergaard et le
modèle multicouche de Burmister.
Ce sont des méthodes basées, pour la
plupart, sur des essais accélérés et des observations effectuées sur routes
expérimentales. Ces approches empiriques ont apporté de nombreux renseignements
sur l'action des charges de trafic et des sollicitations thermiques, sur les
propriétés des matériaux constitutifs de la chaussée ainsi que sur le
comportement à long terme des structures routières. Leur principal désavantage
est qu'elles ne peuvent être appliquées que pour les conditions climatiques et
de trafic pour lesquelles elles ont été établies.
Elle considère la résistance
au poinçonnement du sol de plate-forme et la transmission des charges selon la
méthode de Boussinesq. Elle donne en fonction du CBR de la plate-forme
l'épaisseur de la couche sus-jacente à partir de la formule de Peltier.
![]()
où
P : charge par roue en
tonne
Après les travaux du TRRL
qui ont abouti à des abaques, la formule a été améliorée pour tenir compte du trafic réel.

N : nombre moyen
journalier de véhicules de plus de
Le guide de dimensionnement du CEBTP à
été établi en 1972 par le Centre Expérimental du Bâtiment et de Travaux Publics
( CEBTP ). Ce guide a vu la participation de beaucoup d'ingénieurs des
Laboratoires Nationaux des Travaux Publics en relation avec le CEBTP. Il fait
suite aux études réalisées en 1969 sur le comportement et le renforcement de
Elle tient compte de deux
critères :
·
L’intensité
du trafic et la portance de la plate-forme, paramètres à partir desquels on a
les épaisseurs des couches de fondation, de base et de revêtement d’une
chaussée souple.
·
L’intensité du trafic et la nature des
différents matériaux afin de vérifier les spécifications pour leurs
possibilités d’utilisation.
Si la chaussée a des couches
traitées au liant hydraulique il faut en plus, vérifier que les contraintes de
traction à la base des matériaux traités restent compatibles aux performances
de la chaussée.
Ce guide présente sous forme de
tableau les épaisseurs des couches de chaussées, granulaires ou traitées en
fonction du trafic et du CBR du sol de plate-forme ci-dessous.
Pour l'utiliser on doit disposer
du CBR du sol de plate-forme qui reçoit
la route selon la classification du CEBTP et de la classe de trafic sur le
tronçon recevant la route. On pourra ainsi à partir du guide et des matériaux
disponibles choisir les épaisseurs des couches de chaussée de la structure qui conviendraient.

Classes de trafic et de plates-formes utilisées dans le
dimensionnement des chaussées par la méthode du CEBTP ( Guide du CEBTP)
Exemple: Pour un sol de plate-forme de type
S2 sous un trafic T3 pour une durée de vie de 15 ans on peut avoir selon les
matériaux disponibles dans la zone les épaisseurs indiquées au tableau suivant.

Exemple de
dimensionnement avec le guide du CEBTP
Les méthodes rationnelles
sont basées sur la mécanique des milieux continus et sur la résistance des
matériaux. Ces dernières présentent l'avantage de pouvoir être appliquées à des
structures sous différents types de climat et pour divers chargements de
trafic.
Le comportement des
matériaux de chaussées et de plate-forme sera représenté avec des modèles
mathématiques. Les sollicitations subies par les matériaux sous l’effet du
trafic seront déterminées. Elles seront ensuite comparées aux sollicitations
admissibles. Ceci permettra de prévoir
le développement de divers types de détérioration au cours de la durée de vie
de la chaussée.
Boussinesq considère le sol
comme un massif élastique semi-infini et suppose que le corps de chaussée en
matériau granulaire ne lui est pas très différent. De ce fait, la pression se
répartit dans la superstructure de la même manière que dans le sol. Ainsi, la
charge Q de la roue sur la chaussée crée une contrainte sz dont
l‘allure du diagramme à différentes profondeurs est représentée sur les figures
ci-dessous.


Diffusion de la
contrainte selon Boussinesq
La
contrainte sz est donnée par :
![]()
Ou
encore
pour
![]()
![]()
Il s’agit donc de déterminer
la contrainte admissible sad du sol ainsi que la profondeur z
(épaisseur h du corps de chaussée ) pour laquelle, la contrainte verticale sz
sur le sol de plate-forme reste inférieure à la contrainte admissible du sol sad
( sz < sad )
Le modèle
Bicouche
Lorsqu’on est en présence de
matériaux traités aux liants hydrauliques, des contraintes de traction
apparaissent à la base de la couche traitée. Le modèle de Boussinesq ne se
prête plus du fait de la nécessité de la vérification de la traction à la base.
On fait alors recours à la méthode du bicouche dans laquelle la vérification du
travail en flexion de la couche liée est prépondérante. Il faut ainsi
satisfaire
sz ≤ szad
et
st ≤ stad
qui est une condition
nécessaire et suffisante
en effet
st ≤ stad ® sz ≤ szad

Modèle bicouche
Modèle
de Hogg
Hogg, pour déterminer les
contraintes et déplacements dans les chaussées, assimile ces dernières à une
plaque mince qui satisfait à l’équation de Lagrange : D*D²w = p.
Où
![]()
est un facteur de
rigidité, w la deflexion
et
D²w ![]()

Diffusion
des contraintes selon Hogg
Il utilise ensuite la
théorie de l’élasticité et les hypothèses de Navier pour les plaques minces
afin de résoudre ses équations. En plus des hypothèses de Navier, il considère
que les déplacements verticaux de la fibre neutre de la chaussée sont égaux aux
déplacements verticaux du massif. Il considère enfin un glissement parfait entre
les couches.
Ainsi, si P=pq0a2
est la charge par roue, la contrainte de traction est donnée par la formule de
Hogg :
![]()
Où
![]()
est
le facteur de rigidité
Et
![]()
un facteur de rigidité relative
Modèle
de Westergaard
Il utilise le même modèle
que Hogg. Cependant il considère le sol support comme un assemblage de ressorts
dont le déplacement vertical est proportionnel à la pression verticale V :

Diffusion
des contraintes selon Westergaard
V
= K . W
K :
module de réaction du sol support
Hypothèse simplificatrice
qui facilitera la résolution des équations de quatrième ordre de Westergaard
par les transformations de Hankel.
La contrainte de traction
est donnée par :
![]()
où
![]()
est
le rayon de rigidité de la chaussée
P :
charge par roue
C :
fonction croissante de I dépendant de la position de la charge
Modèle
multicouche de Burmister
Face à la multiplicité de
types de structures et au renforcement lors de leur entretien, Burmister a
développé un modèle qui peut tenir compte de plusieurs couches. Dans ce modèle,
les couches sont considérées comme des solides élastiques, la liaison entre les
couches peut être avec glissement ou sans glissement. En cas de charges
multiples, la méthode de superposition est applicable.
Pour déterminer ses
contraintes, Burmister a utilisé la théorie de l’élasticité et l’hypothèse de
la symétrie de révolution du chargement. Les équations obtenues ont été
résolues par les transformations de Hankel.

Modèle
multicouche de Burmister
Actuellement, avec le
développement de l’outil informatique, ce modèle est le plus utilisé. Les logiciels comme Alize III© du LCPC, Bistro© de Shell et CHEV© de Chevron sont basés
sur ce modèle.
Ce modèle a abouti pour la
première fois à la production d’un jeu d’abaques par Jeuffroy et Bachelez qui
ont tenté de résoudre les problèmes d’une plaque reposant sur un massif
bicouche de type Burmister.
Il faut signaler aussi que
ce modèle ne tient pas compte des effets de bord. Son utilisation nécessite
donc l’évaluation de l’effet des charges en bord.
Dimensionnement par les méthodes rationnelles
Le dimensionnement par les méthodes
rationnelles passe par la détermination des contraintes et déformations
admissibles des matériaux sous l'effet du trafic considéré et la durée de vie
escomptée. Les sollicitations subies par les matériaux sous l’effet du trafic
seront ensuite calculées et comparées aux sollicitations admissibles. Le
développement de l'outil informatique a fait que les méthodes de
dimensionnement rationnelles sont devenues plus accessibles. Avec la facilité
de résolution des équations multiples à dérivées partielles, des logiciels
comme Ecoroute et Alizé ont été développés. Ce sont des logiciels qui
modélisent les structures multicouches et calculent les contraintes
transversales et radiales ainsi que les déformations à travers les couches de
chaussées. Pour cela, il faut :
·
Le
type de poids lourd et la charge standard
·
Le
nombre de couches composant la chaussée, leur épaisseur et le mode de liaison
entre ces différentes couches
·
Les
caractéristiques pour chaque matériau composant la chaussée : le module de
Young et le coefficient de Poisson.
Bien que performant, les logiciels
utilisés pour le dimensionnement nécessitent la maîtrise des paramètres
caractérisant :
·
Le
trafic
·
Les
sols de plate-forme sur lesquels seront posées les chaussées;
·
Les
variations climatiques afin de déterminer l'état hydrique des plates-formes et
de prévoir le comportement des matériaux bitumineux sous l'effet de la
température.
·
L'aspect
probabiliste du dimensionnement (risque de rupture).
Le
trafic
Le trafic à prendre en compte dans le
dimensionnement des chaussées est le trafic cumulé poids lourds N ( en nombre
d'essieux standard ) donné par :
N = 365 x t x
A x n( 1- i )^n
Si
C = n( 1- i )^n
appelé facteur de cumul on
a :
N
= 365 *t*A*C
t :
Trafic Journalier Moyen (TJM) en poids lourd de l'année en cours : c'est le
débit total d'une période donnée en jour ( de plus d'un jour et de moins d'une
année) divisé par le nombre de jour de cette période.
A : coefficient d'agressivité qui est
fonction de la composition ou du spectre d'essieux du trafic
i : taux de croissance annuel du trafic
en pourcentage .
n : La durée de vie escomptée.
Détermination
des paramètres du trafic
·
Le
trafic journalier moyen TJM est obtenu après comptage des poids lourds par sens
de circulation et des traitements statistiques; ou encore par des méthodes
indirectes ( tonnage transporté en trafic, estimation du trafic
"drainé" par la nouvelle route à partir des itinéraires qu'elle
déleste )
·
Le
taux de croissance i est déterminé à
partir des résultats des comptages actuels et passés.
Si ces résultats ne sont pas
disponibles, pour nos pays en voie de développement, il faudra prendre un taux
de 7 %;
·
La
charge à l’essieu est celui de 13 tonnes. Cependant les véhicules circulant sur
la chaussée ont une charge plus ou moins supérieure à cette dernière, il faut
donc appliquer un coefficient d'équivalence qui prendra en compte cet écart
entre le poids standard et celui circulant sur la chaussée: c'est le
coefficient d'agressivité A.
Si des études n'ont pas été pas été
réalisées auparavant, il faudra prendre pour le dimensionnement une
approximation de l'agressivité :
A
= 1.3
Cependant, il faut signaler que pour
être plus précis, il faut faire des campagnes de comptages et de pesages. Les
résultats obtenus feront l'objet d'études statistiques, ce qui permettra de
déterminer des classes de poids par essieu P. A chaque classe correspond ainsi
un coefficient d'agressivité
A = (P/13)^4
·
Le
durée de vie d'une route est la période qui se sera écoulée depuis sa date de
mise en service jusqu'à l'apparition des dommages nécessitant un entretien.
Actuellement avec la croissance du trafic, le niveau de service demandé et les
budgets libérés pour les routes, la tendance est à la réalisation de routes
avec une durée de vie escomptée de vingt ( 20 ) ans.
Les
sols de plate-forme
La plate-forme, couche du mètre
supérieure des terrassements doit pouvoir supporter les charges transmises par
les autres couches de la chaussée sans subir de dommages. Le Manuel de
conception des chaussées neuves à faible trafic, LCPC-SETRA, 1981 définit un
certains types de plate-forme donnés dans le tableau 4 de classification
suivante:
|
Portance des sols : Classification
et essais |
|||||
|
Type |
Examen visuel ( essieu
de 13 t ) |
Indice portant CBR |
Module de déformation à la plaque EV2 ( MPa ) |
Module de réaction du sol K (daN/cm²) |
Type de sol |
|
P0 |
Circulation
impossible; sol inapte très déformable |
CBR £ 3 |
EV2 £ 15 |
K £ 3 |
Argiles
fines saturées, sols tourbeux, faible densité sèche, sol contenant des
matières organiques, etc. |
|
P1 |
3 £ CBR £ 6 |
15 <
EV2 £ 3 |
3 < K
£ 5 |
Limon
plastiques, argileux et argiloplastiques, argiles à silex, alluvions
grossières, etc. Très
sensible à l'eau |
|
|
P2 ou PF1 |
Déformable |
6 £ CBR £ 10 |
30 <
EV2 £ 50 |
5 < K
£ 6 |
Sables
alluvionnaires argileux ou fins limoneux, graves argileuses ou limoneuses,
sols marneux contenant moins de 35% de fines |
|
P3 ou PF2 |
Peu
déformable |
10 £ CBR £ 20 |
50 <
EV2 £ 120 |
6 < K
£ 7 |
Sables
alluvionnaires propres avec fines < 5%, graves argileuses ou limoneuses
avec fines < 12% |
|
P4 ou PF3 |
Très peu
déformable |
20 £ CBR £ 50 |
120 <
EV2 £ 250 |
7 < K
£ 15 |
Matériaux
insensibles à l'eau, sables et graves propres, matériaux rocheux saints,
etc., Chaussées anciennes |
|
PEX ou PF4 |
CBR >
50 |
EV2 >
250 |
K >
15 |
||
Classification
des plates-formes selon le LCPC-SETRA
Le Sénégal est couvert à 70 % par des
sables limoneux avec un CBR variant de 10 à 35. Ce qui correspond aux
plates-formes de type PF3 et plus. Cependant il existe dans certaines parties
des sols de CBR très faibles. Ce sont en général des plates-formes constituées
de limons, de limons sableux et argileux, de tourbes ou situées en zones marécageuses.
Le
climat et l’hydrologie
Les effets du climat sont surtout
notables sur le comportement des matériaux bitumineux et ceux traités au
ciment. A des températures élevées, les matériaux bitumineux perdent leur
résistance et fluent très rapidement. Les variations de température entraînent des ouvertures de fissures dans
les matériaux traités au ciment. Les variations de température sont plus
accentuées vers l'est du Sénégal dans le Sénégal oriental et sur la bande du
littoral nord, avec des températures pouvant aller jusqu'à
Paramètres
de correction
Ils
sont liés à l'aspect probabiliste du dimensionnement. En effet l'utilisation
d'un modèle mathématique des structures de chaussées, les essais réalisés sur
les matériaux sont basés sur des hypothèses probabilistes.
Pour
en tenir compte, des coefficients sont utilisés dans le calcul des contraintes
admissibles.
Le coefficient de calage
kc :
permet de corriger l'écart entre les prédictions de la démarche de calcul (
modèle mathématique ) et l'observation du comportement de chaussées par rapport
aux résultats des essais de laboratoire.
Le coefficient de risque
kr : il est lié à l'aspect aléatoire de
la durée de vie d'une route déterminée à partir d'essais à chargement cyclique.
Ce coefficient permet d'ajuster la déformation admissible au risque de calcul
retenu en fonction des facteurs de dispersion sur l'épaisseur ( écart type sh
)et sur les résultats des essais de
fatigue ( écart type sn )
Le
risque de calcul est défini par le Guide technique du LCPC comme suit :
Un
risque de x% sur une période de p années pris pour le dimensionnement de la
chaussée, c'est la probabilité pour qu'apparaissent au cours de ces p années
des désordres qui impliqueraient des travaux de renforcement assimilable à une
reconstruction de la chaussée, en l'absence de toute intervention d'entretien
structural dans l'intervalle.
Le
coefficient de rigidité ks :
pour tenir compte de l'hétérogénéité de la portance de la couche de faible
rigidité devant supporter les couches liées;
Le
coefficient de discontinuité kd : dans les matériaux traités au liant hydraulique, ce
coefficient permet de prendre en compte l'effet de discontinuité de la couche
de base
Les limites admissibles correspondent soit à une contrainte soit à une
déformation selon l’assise considérée. Pour les chaussées souples, à assise
granulaire, on vérifiera la déformation verticale ez à la surface
des couches non liées et du sol support ainsi que l'élongation transversale et
à la base des couches bitumineuses. On vérifiera néanmoins la contrainte
verticale sz à la surface de la couche et la déflexion W du sol
support. Pour les chaussées à assise améliorée ou traitée au ciment, la
contrainte de traction st à la base des couches améliorées ou
traitées sera vérifiée ainsi que la déformation verticale ez à la
surface des couches non liées et du sol support
Sol support et matériaux non traités
Pour la plate-forme et les
matériaux non traités (constitués de matériaux granulaires non liés), les
contraintes sont caractérisées par les contraintes sz adm
et déformation ez adm verticales admissibles au sommet de la couche. Elles sont
calculées à partir des formules suivantes :
sz
adm =![]()
en bars
(Kerkoven et
Dormon)
ez adm = 2,8.10 -
2
N – 0,25
en mm
(Loi de tassement de Shell).
Matériaux
traités au liant hydraulique
Pour
ces genres de matériaux, la limite admissible est caractérisée par la
contrainte de traction par flexion st adm à la base de la couche traitée. Elle
s’exprime par la relation :
si =(1-6b)x(N/106)-bs0 ; s0
est la
contrainte de flexion pour un cycle ;
ou
si = (N/106)-bs6 ; avec s6 =![]()
s0 , la contrainte de flexion pour 106
cycles
b est
la pente de la courbe de fatigue semi-logarithmique ;
kr
est lié au risque supporté par la chaussée avec kr
= 10 -t.b.d ;
t est la fractile de la loi normale
réduite centrée et est directement liée aux risques de dépassement du nombre de
poids lourds;
b est la pente de la droite de fatigue
bilogarithmique dans le domaine 105-106 cycles avec :
b
= ![]()
d est l’écart type sur les épaisseurs
en cm avec
d =
;
dN est la dispersion de la
fatigue ;
dH est la dispersion des
épaisseurs ;
c est le coefficient reliant la
variation de déformation à la variation aléatoire d’épaisseur de la chaussée ,
c est de l’ordre de 0,02 cm-1 ;
kd est le coefficient de discontinuité.
kc est le coefficient de calage.
ks est le facteur de stabilité tenant
compte des hétérogénéités locales de portance d’une couche d
Matériaux traités aux liants hydrocarbonés
La limite admissible pour
les matériaux traités au bitume est l’élongation par traction à leur base et adm. Elle est donnée par la formule
suivante :

E1 est le module du matériau à la
température équivalente de 10°C ;
E2 est le module du matériau à la
température équivalente du milieu d’utilisation (soit
N est le trafic pondéral de
dimensionnement ;
e6 est l’élongation
admissible pour une fréquence de 25 Hz et une température de 10°C ;
b est la pente de la loi de fatigue des
matériaux ;
kr est le coefficient qui ajuste la
valeur de la déformation admissible au risque de calcul retenu kr = 10 -µ.b.d ;
µ est la fractile de la loi normale
réduite centrée et est directement liée au niveau de risque choisi en fonction
du niveau de trafic et de la catégorie de route ;
d est l’écart type sur les épaisseurs
en cm avec d =
;
dN est la dispersion de la
fatigue ;
dH est la dispersion des épaisseurs ;
c est le coefficient reliant la
variation de déformation à la variation aléatoire d’épaisseur de la
chaussée , c est de l’ordre de 0,02 cm-1 ;
kc est le facteur de calage pour ajuster
les résultats du modèle de calcul au comportement réel observé des
chaussées ;
ks est le facteur de stabilité tenant
compte des hétérogénéités locales de portance d’une couche d.
Le calcul des contraintes dans les
couches de chaussée est réalisé à partir du logiciel Ecoroute et / ou Alizé.
Pour ce faire chaque structure est modélisée et les matériaux entrant dans sa
composition identifiés. Les paramètres d'entrée sur le code Ecoroute et / ou
Alizé sont spécifiés ainsi que les contraintes et déformations admissibles des
ces différents matériaux
Les contraintes calculées sont
relevées sur un tableau présenté ci-dessous pour ensuite être comparées aux
contraintes admissibles calculées auparavant.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Couches |
Matériaux |
Epaiss. |
sz(bars) |
ez (10-6) |
st(bars) |
et (10-6) |
|
Revêtement |
|
|
|
|
|
|
|
Base |
|
|
|
|
|
|
|
Fondation |
|
|
|
|
|
|
|
Plate-forme |
|
|
|
|
|
|
|
|
Wsol mm/100 |
|
|
|
|
|
Exemple de tableau de présentation des
résultats du calcul avec Ecoroute
|
Couches |
Matériaux |
E |
n |
emin (
cm ) |
szad (bars) |
ezad (10-6) |
stad (bars) |
etad (10-6) |
|
Revêtement |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Base |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Fondation |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Plate-forme |
PF1 |
|
|
|
|
|
|
|
Exemple
de tableau de présentation des paramètres de dimensionnement des structures avec les contraintes admissibles
Etape
1 : Détermination du trafic poids lourds
Le trafic est donné en millions de
poids lourds sur la durée de vie escomptée de la route.
Il est exprimé par le trafic cumulé poids lourds N ( en nombre
d'essieux standard ).
L'essieu standard est celui de 130 kN ou 13 tonnes, à deux ( 02 ) roues jumelées
La charge de référence est une charge uniformément répartie sur deux
cercles de rayon a et dont les centres sont distants de
q
= 6.62 bars

Schématisation
des charges
Etape
2 : Détermination de la classe de plate-forme
La classe de plate-forme est obtenue
après une identification complète du matériau de plate-forme et la
détermination du module de rigidité par essai à la plaque.
Le type de plate-forme se détermine
après détermination des différentes paramètres que sont :
·
les
paramètres de nature
·
les
paramètres de comportement mécanique
·
les
paramètres d’état
a) les paramètres de nature :
a-1 La granularité
·
Le
diamètre maximal : Dmax
·
Le
tamisât à 80 mm :
Pour évaluer leur sensibilité à l’eau.
·
Le
tamisat à 2 mm : Ce paramètre permet de définir les sols à tendance
sableuse et les sols à tendance graveleuse.
a-2 L’argilosité
·
L’indice
de plasticité : elle met en évidence
l’influence de la teneur en eau sur la consistance du matériau.
·
L’indice
de consistance relative ( Ic ) : La consistance d’un matériau est la
caractéristique rhéologique qui traduit le comportement plastique ou non
plastique, et qui change avec les variations de teneur en eau. Il permet de
situer le comportement du sol à l’état naturel par rapport à sa plasticité
définie par les limites d’Atterberg.
·
La
valeur de bleu de méthylène : analyse de la sensibilité à l’eau du
matériau
·
L’analyse par sédimentométrie : Elle est utilisée pour définir la répartition
des grains dont le diamètre est inférieur à 0,1 mm .
Les paramètres de comportement
mécanique
Le comportement mécanique des sols de plate-forme est
beaucoup tributaire du niveau de sollicitation donc du trafic et de l'état
hydrique. La détermination des caractéristiques mécaniques doit donc se faire
dans les conditions les plus défavorables de pluviométrie.
La portance à long terme permet de dimensionner les
structures. Celle-ci est égale à la portance à long terme du sol augmentée le
cas échéant, du gain de portance obtenu soit par une éventuelle couche de
forme, soit par un éventuel traitement en place [205]. La portance du sol est
mesurée par la détermination de l'indice CBR,
du module de déformation EV2,
ou du coefficient de rigidité k par
essai à la plaque. On peut aussi procéder par examen visuel qui est néanmoins
approximatif. Le coefficient de Poisson sera utile et est pris en moyenne égale
à 0,35 pour les plates-formes
Les paramètres d’état
Il s’agit des paramètres
qui ne sont pas propres au sol, mais fonction de l’environnement dans lequel il
se trouve. Ces paramètres permettent de caractériser des sols et, pour certains
d’entre eux, leur état de compacité en place.
C'est surtout l'état
hydrique de la plate-forme qu'il faut connaître. En effet les variations de
l'état hydrique de la plate-forme ont une grande influence sur la portance de
cette dernière.
Généralement cinq états hydriques sont
distingués dans les différentes classifications.
Ø L’état
très humide (th)
C’est un état d’humidité très élevé ne
permettant plus en général la réutilisation du sol;
Ø L’état
humide (h)
C’est un état d’humidité élevé
autorisant toutefois la réutilisation du sol en prenant des dispositions particulières
(aération, traitement, etc.)
Ø L’état
d’humidité moyenne (hm)
C’est l’état d’humidité optimale avec
un minimum de contraintes pour la mise en œuvre
Ø L’état
sec (s)
C’est un état d’humidité faible mais
autorisant encore une mise en œuvre en des dispositions particulières
(arrosage, sur compactage, etc.)
Ø L’état
très sec (ts)
C
‘est un état d’humidité très faible ne permettant pas la réutilisation du sol
dans des conditions technico-économiques actuelles.
Le classement suivant l'état
hydrique se base sur les paramètres suivants:
·
La
position de la teneur en eau naturelle Wn par rapport à la teneur en eau de l'optimum
Proctor normal :
Wn
/Wopt
·
La
position de la teneur en eau naturelle Wn par rapport aux limites, qui s'exprime par
l'indice de consistance Ic
Ic = (WL - Wn)/IP
·
l’indice
portant immédiat (IPI) qui exprime
la valeur de l’indice CBR immédiat
mesuré sans surcharge, ni immersion sur une éprouvette de sol compacté à
l’énergie Proctor normal et à sa teneur en eau naturelle.
Il est donc nécessaire de connaître
les teneurs en eau naturelle et la pluviométrie de la zone afin de savoir les
conditions d'emploi de la plate-forme, de réalisation de certains essais, les
traitements nécessaires et les modalités de mise en œuvre.
Ces paramètres étant
déterminés, on pourra par la classification du sol de plate-forme et par la
suite utiliser le tableau de classification des sols de plate-forme présenté au
chapitre précédent pour déterminer le type de plate-forme auquel il correspond.
Etape
3 : Modélisation des structures
Après avoir déterminé le
trafic poids lourd sur le tronçon du projet et les classes de plate-forme, on
peut passer à la modélisation de la structure.
En fonction des matériaux
existant dans la zone, il est possible de choisir une structure ou des
variantes. Une analyse économique comparative permettra ensuite de choisir une
option parmi ces variantes en fonction du budget.
Il faudra vérifier si les
matériaux répondent aux spécifications données par le cahier de charges et
répertorier les paramètres de calcul des contraintes admissibles (, contrainte
et déformation à 106 cycles, coefficient de calage…) ainsi que les
paramètre d'entrée dans les logiciels Ecoroute et Alizé (module E. coefficient
de poisson ..)
Etape
4 : Calcul des contraintes admissibles
Pour
chaque matériaux et le sol support, calculer les contraintes admissibles en
fonction de trafic et le type de matériau ou mélange ( granulaire, lié au liants
hydraulique ou carboné)
Etape
5 : Calcul des contraintes sur la
chaussée et vérification
A l’aide des logiciels de calcul,
déterminer les contraintes et déformation dans les couches de chaussées et les
comparer aux contraintes admissibles. Si les contraintes passent, les
épaisseurs choisies sont bonnes si ce n’est pas le cas, augmenter une ou les
épaisseurs et refaire le calcul des contraintes et déformation dans le corps de
chaussées.